Méthode
Mise en demeure : quand et comment l’envoyer
La mise en demeure est une relance ferme. Elle peut être utile après une réclamation restée sans réponse, mais elle doit rester proportionnée, précise et fondée sur des faits.
Cas d'usage du guide
À utiliser après une première réclamation restée sans réponse ou quand une relance plus ferme devient nécessaire.
Exemple concret
Exemple : vous avez envoyé plusieurs emails à un vendeur pour une commande non livrée de 349 €. Le service client vous répond de patienter, mais aucune livraison ni remboursement n’intervient. Après une première réclamation restée sans effet, vous pouvez envisager une mise en demeure pour demander au professionnel d’exécuter son obligation dans un délai précis ou de vous rembourser.
Ce que vous pouvez demander
- L’exécution d’une obligation prévue au contrat : livraison, réparation, remplacement, remboursement ou régularisation.
- Le paiement ou la restitution d’une somme due.
- L’arrêt d’un comportement contesté, par exemple des prélèvements après résiliation.
- Une réponse écrite et motivée du professionnel.
- L’exécution de la demande dans un délai précis et raisonnable.
- La transmission des coordonnées du médiateur de la consommation compétent si le litige persiste.
Pièces utiles
- Contrat, devis, bon de commande ou confirmation de commande.
- Facture ou preuve de paiement.
- Conditions générales applicables.
- Première réclamation écrite déjà envoyée.
- Relances restées sans réponse.
- Réponses du professionnel.
- Photos, vidéos, captures d’écran ou autres preuves du problème.
- Suivi de colis, preuve de retour ou preuve de dépôt.
- Relevé bancaire en cas de somme prélevée ou non remboursée.
- Tout document permettant d’établir la date, le montant, l’engagement du professionnel et le préjudice allégué.
Étapes recommandées
- Vérifier qu’une première réclamation amiable a déjà été envoyée ou qu’une demande claire a été formulée.
- Reprendre la chronologie du litige : achat, problème, échanges, promesses, relances et absence de solution.
- Identifier précisément ce que vous demandez au professionnel.
- Fixer un délai clair et raisonnable pour agir.
- Employer un ton ferme mais factuel, sans insultes ni accusations excessives.
- Joindre ou rappeler les justificatifs essentiels.
- Envoyer la mise en demeure par un moyen permettant de conserver une preuve, par exemple lettre recommandée avec accusé de réception ou autre preuve écrite adaptée.
- Conserver une copie du courrier, des pièces jointes et de la preuve d’envoi.
- Prévoir la suite si le professionnel ne répond pas : médiation, SignalConso, conciliation ou autre recours adapté au litige.
Exemple de message court
Madame, Monsieur, Je vous mets en demeure de régler le litige relatif à [commande / contrat / facture / dossier] n° [référence], concernant [produit ou service], pour un montant de [montant] €. Malgré ma réclamation du [date] et mes relances des [dates], le problème suivant demeure non résolu : [décrire clairement le problème]. Je vous demande donc de [solution demandée : livrer, rembourser, réparer, remplacer, arrêter les prélèvements, restituer une somme, régulariser la situation, etc.] dans un délai de [délai] jours à compter de la réception du présent message. À défaut de réponse ou de solution satisfaisante dans ce délai, je me réserve la possibilité d’engager les démarches utiles, notamment un signalement, une médiation de la consommation ou tout autre recours adapté. Vous trouverez en pièce jointe les justificatifs utiles : [liste courte des pièces]. Cordialement, [Prénom Nom]
Références officielles
- Code civil — Article 1344Source : Légifrance
Définit la mise en demeure de payer comme une sommation ou un acte portant interpellation suffisante, sauf clause contractuelle prévoyant la seule exigibilité de l’obligation.
- Code civil — Article 1344-1Source : Légifrance
Indique que la mise en demeure de payer une somme d’argent fait courir l’intérêt moratoire au taux légal.
- Code civil — La mise en demeure, articles 1344 à 1345-3Source : Légifrance
Section du Code civil consacrée aux règles générales relatives à la mise en demeure.
- Comment régler un litige de la consommation ?Source : DGCCRF / economie.gouv.fr
Fiche officielle rappelant l’intérêt de commencer par un recours amiable directement auprès du professionnel.
- Code de la consommation — Article L612-1Source : Légifrance
Droit du consommateur de recourir gratuitement à un médiateur de la consommation pour résoudre un litige avec un professionnel.
- Code de la consommation — Article L612-2Source : Légifrance
Conditions de recevabilité d’une médiation, notamment la tentative préalable de résolution du litige directement auprès du professionnel.
- Les étapes de la médiation de la consommationSource : economie.gouv.fr
Page officielle indiquant notamment qu’une réclamation écrite préalable auprès du professionnel est nécessaire avant de saisir un médiateur.
Erreurs à éviter
- Envoyer une mise en demeure trop tôt, sans avoir d’abord tenté une réclamation simple.
- Utiliser un ton agressif ou menaçant au lieu d’un ton ferme et factuel.
- Ne pas indiquer précisément ce qui est demandé.
- Ne pas fixer de délai clair.
- Oublier les références du dossier : numéro de commande, contrat, facture ou client.
- Ne pas joindre les justificatifs essentiels.
- Envoyer le courrier sans conserver de preuve d’envoi.
- Mélanger plusieurs litiges différents dans un même courrier.
- Faire des affirmations juridiques trop catégoriques sans maîtriser la situation.
- Menacer d’une action irréaliste ou disproportionnée.
Ce que Réclamation Facile peut préparer
- Vérifier si une mise en demeure est adaptée ou si une réclamation simple suffit encore.
- Reprendre les faits dans un ordre chronologique clair.
- Identifier la demande principale et le délai à fixer.
- Préparer un courrier ferme mais lisible.
- Lister les justificatifs à joindre ou à mentionner.
- Éviter les formulations excessives ou juridiquement fragiles.
- Générer un dossier récapitulatif à relire avant envoi.
Questions fréquentes
Quelle différence entre une réclamation et une mise en demeure ?
La réclamation est une demande amiable qui expose un problème et demande une solution. La mise en demeure est plus formelle : elle demande au professionnel d’agir dans un délai précis et peut préparer la suite du dossier si le litige reste bloqué.
Faut-il envoyer une mise en demeure en recommandé ?
Ce n’est pas toujours obligatoire, mais le recommandé avec accusé de réception est souvent utile car il permet de conserver une preuve d’envoi et de réception. Dans certains cas, un email peut aussi servir de preuve, mais il est moins formel.
Quel délai laisser dans une mise en demeure ?
Il n’existe pas un délai unique applicable à tous les litiges. Le délai doit être raisonnable au regard de la demande : quelques jours pour une réponse simple, davantage pour une réparation, une livraison ou une régularisation complexe.
Puis-je écrire moi-même une mise en demeure ?
Oui, vous pouvez rédiger vous-même une mise en demeure. Elle doit cependant rester claire, datée, factuelle, précise sur la demande et accompagnée des justificatifs utiles.
La mise en demeure garantit-elle un remboursement ?
Non. Elle ne garantit pas le résultat, mais elle formalise votre demande, fixe un délai et peut renforcer votre dossier si vous devez ensuite relancer, saisir un médiateur ou engager une autre démarche.
Que faire si le professionnel ne répond pas ?
Conservez la preuve d’envoi et la copie du courrier. Selon la nature du litige, vous pouvez ensuite envisager une médiation de la consommation, un signalement, une conciliation ou un autre recours adapté.
Guides liés à consulter
Quand demander un conseil spécialisé ?
Demandez un conseil spécialisé si la mise en demeure concerne un montant élevé, un chantier complexe, une procédure judiciaire, un délai de prescription ou une situation déjà conflictuelle.
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil juridique personnalisé. Une mise en demeure doit être adaptée au contrat, au type de litige, aux échanges déjà réalisés, aux sommes en jeu, aux délais applicables et aux preuves disponibles.